BERNHEIM
(1840-1919)
Après
avoir étudié de façon très intense avec Liébault, Bernheim
qui était professeur de clinique ericksonienne à l'université
de Nancy, commence aussi à utiliser la thérapeutique
hypnotique et à noter les avantages qu'elle procure.
Plus
subtil que Charcot, ayant le sens de l'humour, ne dédaignent
pas l'ironie, il n'a aucune disposition d'esprit à être
dupe. Au contraire, le premier, il démystifie l'état
hypnotique: le premier, "il porte la hacha dans
le dogme de l'hystérie".
Il
va, en 1882, au-devant d'un médecin sans titre, au-devant
de Liébault, pour découvrir l'existence des phénomènes
hypnotiques
Cela
nous apparaît inimaginable, aujourd'hui, où le mandarinat
a sclérosé toutes les initiatives de cette sorte, et
où "un officiel investi", de part sa fonction
même, à la science infuse, ne traverserait pas le trottoir
d'en face pour assister à des expériences non orthodoxes
pratiquées par un sans-grade.
Et
donc, Il va perfectionner les techniques utilisées par
Liébault et créé finalement les bases scientifiques
de l'hypnothérapie moderne. Ses travaux vont d'ailleurs
marquer la fin du magnétisme animal.
Il
faut cependant signaler que Bernheim a substitué à la
conception de suggestibilité par le sommeil provoqué
de Liébault la conception de suggestibilité normale
à l'état de veille.
Pour
Liébault, comme pour Faria, la suggestion, c'est-à-dire
"l'idée introduite dans le cerveau est, la clef
de l'Hypnose". Hypnotisable, ne signifie donc pas,
hystérie, ni même névropathe.
"C'est la suggestion qui domine la plupart des
manifestations de l'hypnose; les prétendus phénomènes
physiques ne sont, suivant moi, que des phénomènes psychiques".
C'est sur ces principes que va se former l'école de
Nancy. Petit à petit, on remplacera l'hypnose par la
suggestion à l'état vigile, voir même l'autosuggestion
(la célèbre méthode Coué).
L'Hypnose
n'est absolument pas une névropathie spontanée dans
un cas, provoquée dans l'autre comme le voulait la Salpétrière.
L'école de Nancy va s'opposer à celle de la Salpétrière
car Bernheim va reprocher à Charcot de créer artificiellement
les grandes crises hystériques.
Pour
Bernheim, le sommeil hypnotique n'est absolument pas
nécessaire pour obtenir les phénomènes dits Hypnotiques
comme l'anesthésie, la contracture, etc ...
Selon
lui, tous ces phénomènes peuvent provoqués par simple
suggestion à l'état de veille et par conséquent sans
sommeil.
Tout
est dans la suggestion, et Bernheim affirme catégoriquement
: "Les phénomènes de suggestion ne sont pas fonction
d'un état magnétique (voir Mesmer), ni d'un état Hypnotique(voir
Braid), ni d'un sommeil provoqué (voir Liébault).
Ils
sont fonction d'une propriété physiologique du cerveau
qui peut être actionnée à l'état de veille, la suggestibilité".
La
suggestibilité peut se définir comme l'aptitude du cerveau
à recevoir ou évoquer des idées et sa tendance à les
réalise, à les transformer en actes.
C'est
à partir des travaux de l'école de Nancy, vers 1889,
que Freud va être mis sur la voie de ses recherches
sur le conflit, la névrose et l'inconscient.